Département du Doubs : Quand les promesses budgétaires et climatiques s’effritent face à la réalité

Un budget en trompe-l’œil : récession, manque de transparence et renoncements silencieux

Le compte administratif est le moment de vérité : il ne reflète pas ce que le Département du Doubs avait l’intention de faire, mais bien ce qu’il a réellement accompli. Et la réalité est sans appel : l’écart entre les annonces et les actes n’a jamais été aussi grand.

Une récession budgétaire assumée ?

En 2025, le Département a dépensé 13,3 M€ de moins qu’en 2024, soit une récession de 2 % en valeur nominale, davantage en valeur réelle, compte tenu de l’inflation. Cette baisse est intégralement imputable à l’effondrement de l’investissement de -20 %, alors que les dépenses de fonctionnement stagnent à +0,5 %, soit en dessous du taux d’inflation.

19 M€ d’investissement en moins : c’est l’équivalent de tous les travaux sur les collèges, les routes et les ouvrages d’art reportés ou annulés. Un choix lourd de conséquences pour l’avenir de notre territoire.

Fonctionnement : des ajustements opaques

En cours d’année, la majorité a ajouté 12 M€ au budget jusqu’à mi-novembre… pour terminer l’année en dépensant moins que ce que prévoyait le budget primitif. Comment est-ce possible ? Défaut de pilotage financier ? Manque de transparence ?

Les dépenses de RSA ont été sciemment minorées au budget primitif et réabondées en cours d’année pour correspondre aux besoins réels. Résultat ? Des économies ont été absorbées en silence sur d’autres postes, sans aucun débat démocratique.

Un paradoxe choquant aussi : alors que les dépenses de RSA augmentent de 5 % en 2025, la politique d’insertion, qui permet de remettre les allocataires du RSA sur le chemin de l’emploi, baisse, elle, de 17,5 %.

Un excédent de fonctionnement construit sur des renoncements

L’excédent constaté n’est pas un heureux hasard. Il est construit par des renoncements à l’investissement, des emprunts surcalibrés, une épargne dégagée par la sous-exécution des dépenses votées et des coupes budgétaires pour certaines invisibles.

Où est le plan de rigueur ? Le Département ne l’a jamais présenté, encore moins expliqué aux Doubiennes et aux Doubiens. Pourtant, les économies sont bien réelles.

FATCE : L’abandon d’une ambition climatique en pleine canicule

En 2023, le FATCE (Fonds d’Adaptation à la Transition Climatique et Énergétique) a été voté en grande pompe avec 6 M€ annoncés. Aujourd’hui, en pleine vague de chaleur qui symbolise tout le chemin à parcourir, le Département liquide ce fonds et tourne le dos à ses engagements.

  • 1,6 M€ retirés, soit plus de 25 % de réduction de l’enveloppe initiale.
  • Seulement 540 000 € effectivement payés fin 2025 sur les 6 M€ votés en 2023.

Le choix est clair : le Département renonce à préparer l’avenir climatique de notre territoire. Chaque euro non investi aujourd’hui est un euro que nos enfants devront payer demain, au prix fort.

Des choix politiques à assumer

Gérer une collectivité, ce n’est pas faire des économies à tout prix. C’est faire des choix clairs, les assumer et les expliquer aux citoyens.

Le Doubs mérite mieux que des économies invisibles et des renoncements silencieux.

Laisser un commentaire