Communiqué de presse des élus bisontins du groupe DSES
La présidente du conseil départemental du Doubs réaffirme sa confiance en Ludovic Fagaut, premier vice-président en charge du retour à l’emploi, de l’insertion et du logement social.
Pourtant, ce dernier cumule ce mandat stratégique avec ceux de maire de Besançon et de président de Grand Besançon Métropole (GBM). Une situation qui interroge : combien de représentations exerce-t-il au nom du Département ? Combien au nom de la Ville ? Combien au nom de l’intercommunalité ? Comment partage-t-il son temps ?
Rien qu’au sein du Département du Doubs, Ludovic Fagaut est titulaire dans 35 instances et suppléant dans 12 autres, soit un total de 47 mandats annexes, dont la présidence rémunérée du Syndicat mixte du marais de Saône. Une accumulation de fonctions qui soulève des questions légitimes sur sa capacité à assumer pleinement chacune de ses responsabilités.
Notons d’ailleurs qu’en cas d’absence de la présidente, Ludovic Fagaut est désigné pour devenir président délégué, reprenant l’ensemble de ses pouvoirs. Quelle est la règle liée au cumul des mandats dans cette situation ?
D’ailleurs, et sans que l’on en connaisse la raison, le premier vice-président du Département, ou le maire de Besançon, à moins que ce ne soit le président de GBM, est parti plus d’une heure et demie avant la fin de l’Assemblée départementale du 27 avril et a manqué la Commission permanente qui a suivi.
Des incohérences dénoncées, des faits vérifiés
Lors de la campagne municipale, les membres bisontins du DSES avaient organisé une conférence de presse pour mettre en lumière les contradictions et les manquements de Ludovic Fagaut, alors candidat à la mairie de Besançon. Les faits avancés, tous vérifiés, portaient notamment sur :
- Son bilan au Département :
- La construction de la salle multimodale à la Saline Royale et le montage de Musicampus, épinglé par la Chambre régionale des comptes, alors qu’il était vice-président en charge de la culture.
- Lesmauvais résultats du Doubs en matière d’insertionet de taux de sortie des dispositifs d’accompagnement, alors qu’il a la charge de cette politique.
- Les chiffres qu’il a annoncé en Assemblée Départementale hier pour se défendre ne semblent pas correspondre à la réalité. Il affirme que l’augmentation des bénéficiaires du RSA a augmenté de 3.1 % au niveau national et de 1.7 % dans le Doubs. Les derniers chiffres dont nous disposons, émanant de la CNAF et de la DRESS, indiquent une baisse de -0.36 % au niveau national et une hausse de 4.4 % pour l’année 2025.
- Ses promesses de campagne municipale :
- La valorisation du Fort Griffon, propriété départementale et dont la vente pose de nombreuses questions financières.
- Des déclarations sur la sécurité, alors que le Département réduit son soutien à la prévention.
- L’annonce d’un soutien sans réserve aux associations d’aide aux femmes, alors que certaines subventions sont diminuées et que le financement du fonctionnement de la Maison des femmes est refusé par le département.
- La critique du taux de réalisation de la précédente mandature bisontine alors que le Département est à moins de 19% de réalisations sur sa politique collèges et de 54% sur sa politique cyclable par exemple.
Face à ces constats, et alors que nous ne voulions pas refaire le match des municipales en Assemblée, la majorité départementale avait préparé une contre-offensive tardive malgré le soutien qu’elle a apporté au candidat avant les élections. Mais les faits sont têtus… Lors de cette conférence de presse, ce n’est pas la majorité qui était visée, mais bien Ludovic Fagaut lui-même, en raison de ses contradictions.
Un positionnement politique flou, une appartenance cachée
La majorité s’était indignée en Assemblée lundi de l’utilisation du terme « droite extrême » pour qualifier Ludovic Fagaut qui avait d’ailleurs reçu le soutien de Nemesis, un collectif d’extrême droite identitaire se réclamant du féminisme.
Il est à noter que Ludovic Fagaut avait omis de préciser aux électeurs son appartenance au parti Nouvelle Énergie, et qu’il positionnait sa candidature comme une union de la social-démocratie, du centre et de la droite républicaine pour ravir Besançon à la gauche.
Comment qualifier un membre d’un parti dont le président passe symboliquement à la déchiqueteuse le code du travail, le code de l’environnement et le code de l’urbanisme, et qui milite pour une primaire de la droite incluant Reconquête, le parti d’Éric Zemmour ? La question reste entière.
Signalons aussi que la présidente du Département a reçu ce mercredi 29 avril la médaille d’honneur de l’Assemblée nationale remise par Mathieu Bloch, député du parti UDR classé à l’extrême droite par le Conseil d’Etat. Elle se dit très touchée par cette distinction et souhaite la partager avec l’ensemble des élus et des agents de la collectivité. Il va sans dire que nous ne voulons en aucun cas y être associés.
