Chiffres du RSA dans le Doubs : Ludovic Fagaut s’enfonce dans la confusion

Après avoir fourni des chiffres erronés concernant le RSA lors de l’Assemblée départementale d’avril, le premier vice-président du Département du Doubs avait eu quatre jours pour préparer une réponse à la question que nous lui avions adressée par avance. Sa réponse aggrave le problème.

Une réponse qui ne répond pas

Plutôt que de clarifier, Ludovic Fagaut a produit en séance de nouveaux chiffres contradictoires et inexplicables.

Il avance que le nombre d’allocataires du RSA serait passé de 12 400 en décembre 2024 à…10 851 en décembre 2025, soit une baisse de 12,5 % en un an. Erreur ou confusion (il a voulu dire 12 851), peu importe : dans le même souffle, il annonce une augmentation de 3,64 % sur cette même période.

Des données officielles qui contredisent ces chiffres

Les données utilisées par notre groupe sont celles de la DREES, l’organisme national de statistiques en matière sociale, qui consolide précisément les données des CAF départementales, source dont se prévaut Ludovic Fagaut. Ce ne sont pas des chiffres partisans : ce sont les données de référence.

La DREES établit à 12 664 le nombre de bénéficiaires du RSA dans le Doubs en 2024, et non 12 400. Elle recense 13 110 allocataires en octobre 2025 et estime le chiffre à 13 120 en décembre, et non 12 890 comme évoqué en commission interne, ni 12 851 et encore moins 10 851 comme avancé lundi en séance.

La dernière estimation de la DREES porte sur 13 480 allocataires du RSA dans le Doubs en mars 2026, soit une hausse de 6,1 % sur un an.

Un bilan que les vrais chiffres révèlent

Au-delà de la confusion arithmétique, c’est la politique d’insertion elle-même qui est en cause. Les dépenses de RSA augmentent : +4,3 % en 2024, +4,8 % en 2025 (source compte administratif 2024 et 2025). Mais dans le même temps, les contrats d’accompagnement stagnent depuis 2021, les subventions aux associations d’insertion reculent fortement, et les crédits consacrés aux politiques d’emploi et d’insertion chutent de 17,4 % en 2025 (source rapport de présentation du CA 2025 et CA 2025).

La logique est implacable : on finance l’allocation qui monte, on abandonne ce qui pourrait la faire baisser, et ce, dans un contexte économique qui ne laisse pas de place à l’improvisation.

Le RSA augmente parce que les personnes en difficulté sont de plus en plus nombreuses et de moins en moins accompagnées. Voilà le bilan du vice-président en charge du retour à l’emploi et de l’insertion.

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